Home/Portfolio > La participation et l’engagement politique de la femme

Depuis de nombreuses années, nous observons une amélioration graduelle de la place de la femme dans de nombreux domaines sociétaux. Nous sommes malheureusement toujours loin d’une véritable égalité entre les sexes, d’où l’objet de cette campagne. En particulier dans deux domaines majeurs de la vie sociétale : la participation et l’engagement en politique de la femme. Dans ces domaines, en effet, elles sont loin d’être mises sur un pied d’égalité avec les hommes.

Aujourd’hui, seuls 10% des postes à responsabilités dans les partis politiques sont occupés par des femmes dans le monde. C’est bien peu, quand on sait que la représentation des femmes en politique est un combat mondial primordial, notamment abordé par les instances des Nations-Unies. Le leadership et l’engagement de la femme pour la société sont promus à de nombreux échelons partout dans le monde. Leurs compétences maintes fois démontrées, en tant que leaders et agents du changement, et en dépit de leur droit de participer en toute égalité à la gouvernance démocratique, elles sont malheureusement limitées dans de trop nombreux systèmes.
De nombreux obstacles tant structurels (par exemple au niveau du système institutionnel) qu’au niveau des moyens (possibilités, ressources, éducation,…) s’opposent à la pleine représentation des femmes dans le monde politique mondial.
En Belgique, la situation est favorable à un renforcement de la place des femmes dans le système politique. Certains mécanismes, notamment de parité et de quotas contribuent à une amélioration de la situation3. Malgré une possibilité de parité, dans les faits, au niveau des différents gouvernements existants en Belgique, les femmes sont sous-représentées (une sur huit au niveau wallon, trois sur quatorze au Gouvernement fédéral et trois sur neuf en Flandre, par exemple). Du côté de nos assemblées, les femmes rentrent en 1929, alors qu’elles n’obtiennent le droit de vote qu’en 1948. Nous y avons 40% de femmes, aidés par la parité sur les listes électorales. Au niveau des postes à hautes responsabilités, que ce soit dans les entreprises, les services publics ou encore les médias, on est loin de la parité puisqu’on se situe entre 20 et 30% de femmes occupant les postes convoités dans ces secteurs.
Penchons-nous sur les problèmes qui persistent et régissent ce manque d’engagement. Tant en Belgique, qu’ailleurs.
Dès leur plus jeune âge, des variables et des comportements font qu’il existe une approche différente entre les femmes et les hommes impactant leur l’engagement et leur participation dans la vie politique.
Selon plusieurs études, il a été démontré que les femmes dès l’enfance sont beaucoup moins confrontées et exposées à la politique. Il faut donc, pour comprendre la sous-représentation et le manque d’intérêt en général pour l’engagement politique du côté de la femme, retourner au niveau de la sphère familiale. C’est dans la socialisation politique, dès leur plus jeune âge que différents comportements face au politique se développent. Cependant, ces facteurs sont moins présents chez nous. Désormais, on tend de plus en plus à parler des mêmes sujets avec nos enfants filles ou garçons, mais il est vrai qu’on éduque différemment nos enfants en fonction de leur sexe.
De plus, d’un point de vue sociétal, il y a un manque d’incitants pour assurer une véritable égalité entre les femmes et les hommes au niveau de la participation politique. Les femmes n’ont pas assez confiance et souvent ne se sentent pas autorisées à entreprendre dans la politique. Ce travail sociétal doit avoir lieu également chez nous pour aller vers l’avant. D’ailleurs, bien souvent, on leur demande de jouer des rôles moins importants. On attend d’elles qu’elles se sacrifient pour des missions soi-disant plus propres à leur genre.
Finalement, il est important de repréciser l’approche différente de la femme face à la politique et dans son engagement, se plaçant en général dans la résolution de conflit, avec un profil moins  agressif et mettant en avant d’autres talents. C’est une plus-value qu’il n’est pas lieu de négliger, et dont il faut précisément tirer profit et qui se rajoute dans la longue liste des arguments en faveur de la parité politique entre hommes et femmes.

comment sont représentées les femmes dans les parlements ?

Aujourd’hui encore, dans de nombreux pays d’Europe, les femmes n’accèdent pas au niveau parlementaire. Pourtant, il existe des lois afin de garantir la parité. Au niveau national des pays européens, il est de mise de féliciter les pays nordiques comme la Suède ou la Finlande dont la représentation féminine à la chambre basse ou unique est respectivement de 43,6% et 41,5%. Malheureusement, ces taux réjouissants restent exceptionnels. La moyenne européenne s’établit à 28,38%. Les plus mauvais élèves sont Malte (12,9%) et la Hongrie (10,1%) Au sein du Parlement européen, Malte se rattrape et fait bonne figure étant donné qu’elle se positionne en tête du classement, avec 4 femmes sur leurs 6 députés européens. L’Autriche, la Lettonie et la Suède ont quant à elles adopté la technique de la représentation 50-50. Cela montre que l’idéal existe et qu’il est possible de l’atteindre.

Les quotas : la Solution ?

Le quota peut être défini comme une limite quantitative fixée par une autorité publique pour l’exercice d’un droit ou la participation à une charge. L’objectif est d’améliorer la représentation d’un groupe visé au sein des structures de gouvernance (listes électorales, assemblées législatives, etc.). Ici en l’occurrence, les quotas ont pour objectif d’assurer un seuil minimal de participation de la femme au sein des organes étatiques. L’idée est de plafonner la représentation de l’homme dans les arènes politiques afin d’empêcher ceux-ci de s’arroger le monopole du pouvoir. Les quotas ont déjà été introduits en Belgique par la loi du 24 mai 1994 visant à promouvoir une représentation équilibrée des deux sexes sur les listes électorales et dans les assemblées. Ainsi, la loi interdit aux partis politiques de présenter des listes sur lesquelles figurent plus de deux tiers de candidats du même sexe.
La loi « Tobback-Smet » concrétise ainsi la volonté de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et de lutter contre des mœurs que l’on qualifierait aujourd’hui de machistes. La femme a longtemps été reléguée au second-plan. Sa place, disait-on, se trouve au foyer. Mais l’opinion publique évolue et le pouvoir politique donne le ton, à coup de lois et de propositions de modification de la Constitution.
La première application effective de cette loi, lors des élections législatives du 13 juin 1999, n’a étonnamment pas produit les effets escomptés. En effet, aucune corrélation significative n’a été perçue entre la proportion de femmes sur les listes électorales et la proportion de femmes effectivement élues.
En outre, les quotas n’ont pas été imposés pour tous les organes étatiques. Nous nous devons donc de constater que lorsque les quotas sont absents (notamment au gouvernement), les hommes sont surreprésentés. Comme nous venons de l’indiquer, Eliane Tillieux est ainsi l’unique présence féminine au Gouvernement wallon. Nos compatriotes Flamands et le pouvoir fédéral ne font pas tellement mieux, avec seulement trois femmes dans chacun des deux gouvernements.
D’un côté, la Fédération des Étudiants Libéraux reconnait la nécessité de tels quotas. Ils contribuent au caractère démocratique de notre société. En effet, il s’agit de l’essence même de la démocratie de protéger les minorités. Bien que les femmes soient plus nombreuses que les hommes, proportionnellement, encore trop peu d’entre elles accèdent effectivement à des hautes fonctions au sein du monde politique. Il s’agit d’assurer aux femmes la possibilité d’y accéder. En outre, les quotas sont autant de signaux du pouvoir publique de l’existence d’une véritable politique progressiste qui vise une égalité effective entre les sexes. Cela permet de lutter contre les clichés machistes de jadis.
De l’autre côté, la Fédération des étudiants libéraux s’interroge sur l’aspect éthique de ces quotas. En effet, ils incarnent d’une façon ou d’une autre la preuve que la société ne considère pas, dans les faits, la femme comme égale à l’homme. Elle reconnait, par là, implicitement que la femme est moins apte à se hisser aux hautes fonctions que l’homme par nature. Si l’on pousse ce raisonnement à l’extrême, l’on pourrait même qualifier les quotas de sexistes.
En outre, les quotas produisent également des effets non-escomptés. Des femmes seront peut-être désignées à certains postes parce qu’un quota l’impose et non en raison de leurs qualités. Celles qui se seront hissées au sommet sans “s’appuyer” sur les quotas courent également le risque de voir leurs parcours minimisés, dénigrés et ombragés par le spectre de ces quotas.
Enfin, les quotas seuls ne parviendront pas à briser totalement le “ plafond de verre ”. Les mentalités doivent avant tout changer. Car même au pouvoir, les femmes sont encore trop souvent victimes de propos sexistes et pas qu’en Belgique, si on suit l’actualité

Freelo Theme / Proudly powered by WordPress / Created by IshYoBoy.com