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Où en est-on avec l’entrepreneuriat féminin en Europe et en Belgique ?

Force est de constater que les femmes dans le monde de l’entrepreneuriat sont peu nombreuses. En effet, elles ne représentent que 33% des indépendants. Cette problématique ne touche pas que la Belgique mais bien l’Union européenne de manière générale. Ce chiffre est en évolution constante mais cela reste tout de même insuffisant.
Suite à ce constat, la Commission européenne a lancé le « WEgate », un site ressource destiné à l’entrepreneuriat féminin en Europe. Il s’agit d’une initiative qui s’inscrit dans un plus vaste “ Plan d’action Entrepreneuriat ”, qui prévoit des actions concrètes pour soutenir l’entrepreneuriat féminin en Europe et qui est disponible dans les 24 langues officielles de l’Union.

En Belgique, les ministres Willy Borsus et Maggie de Block ont annoncé des propositions pour un soutien à l’entrepreneuriat féminin. Ainsi, l’une des mesures phare de ce plan fédéral est la durée du repos de maternité qui passe de 8 semaines à 12 semaines pour les femmes indépendantes et des modalités plus adaptées à leur situation. En cas de naissances multiples, il passe de 9 semaines à 13 semaines. Cela permettra de concilier plus facilement la vie professionnelle et la vie familiale de ces femmes. Il faut savoir que le congé de maternité de toutes les autres femmes sur le marché du travail est de 15 semaines, de 17 voire 19 semaines en cas de grossesse multiple. Au niveau wallon, le Ministre de l’Economie, Jean-Claude Marcourt, a quant à lui sélectionné l’entrepreneuriat féminin dans l’une de ses deux politiques faisant partie du plan « gender mainstreaming ». Le Ministre a ainsi décidé de mettre en place, au travers de l’Agence pour l’Entreprise et l’Innovation (AEI), un programme pluriannuel 2015-2020 d’Entrepreneuriat féminin. Un budget annuel de 350 000€ a été réservé pour ce projet. D’après le Ministre, « il s’agira de proposer des actions permettant d’activer la création d’entreprises par les femmes et de dynamiser les activités créées susceptibles de développer l’emploi. » Reste à voir, les résultats concrets d’un tel plan.

Congé de maternité vs congé de paternité

Il existe une inégalité flagrante dans le chef de la durée du congé de maternité / paternité entre les parents lorsqu’un enfant né.  En effet, pour le moment, le père a droit à 10 jours de congé de paternité quand la mère a droit à 3 mois. En ce qui concerne le congé parental, les parents sont à égalité puisqu’ils ont la possibilité de s’absenter 3 mois à temps-plein, ou six mois à mi-temps, ou encore 15 mois à 1/5 de temps. Ce que prône l’assemblée participative pour les droits de la femme de la Fédération Wallonie-Bruxelles est d’avoir un congé de paternité obligatoire et égal à celui de la maternité.
Selon la Fédération des Étudiants Libéraux, il est primordial de favoriser la présence des femmes sur le marché du travail, et ce aussi bien du point de vue de l’émancipation de la femme que du point de vue de la relance de l’économie. L’un des problèmes majeurs auquel est confrontée une femme belge est la différence entre les femmes et les hommes au niveau du congé de maternité et de paternité. Cela induit une discrimination à l’embauche, un ralentissement par rapport à l’homme dans sa carrière professionnelle, ainsi que, dans son aspect philosophique, du manque de liberté dont bénéficient les mères et les pères dans le choix de la garde du nourrisson.
Nous sommes d’avis que dans un premier temps, les congés parentaux doivent encore être davantage augmenté. Comme l’a souligné le Forum économique mondial dans son rapport annuel « The global gender gap report 2016 », plus de femmes travaillent lorsque le congé parental, entièrement payé, est plus long, avec comme limite une durée maximale de deux ans.
Dans un second temps, ou concomitamment, nous prônons l’instauration d’un modèle dans lequel le congé parental serait à partager entre le père et la mère, à leur discrétion. Nous défendons ce modèle résolument libéral car nous pensons que nul, pas même l’état muni d’une bonne intention, ne peut obliger quiconque à arrêter son travail (en gardant toute de même un repos minimal pour des considérations de santé) suite à un événement relevant de l’ordre privé. Le modèle de la mère au bercail avec le bébé et du père au travail n’est pas celui du XXIème siècle que nous imaginons.
Dans le monde selon une étude de l’OCDE, le congé de paternité dure généralement deux à trois mois et prend différentes formes. La plus répandue est celle du « quota pour le papa », une période de congé rémunérée, exclusivement réservée au père. Certains pays offrent des « semaines bonus » : un couple peut avoir droit à un congé rémunéré supplémentaire si le père utilise une partie du congé partagé. D’autres pays accordent simplement à chacun des parents leur propre congé sans période partagée. En théorie, plus de pères pourraient donc être à la maison pour s’occuper des enfants et faire en sorte que les deux parents concilient plus facilement vie de famille et emploi.
La réalité est néanmoins très différente. Les pères ne s’arrêtent généralement que quelques jours juste après la naissance du bébé, et seuls les plus déterminés et les plus courageux exercent leur droit à un congé parental plus long. Dans de nombreux pays, les pères représentent moins de 20 % des congés parentaux rémunérés. Les papas portugais et scandinaves sont plus progressistes : ils comptent pour 40 % des bénéficiaires de congés rémunérés, et parfois plus. À l’inverse, les pères australiens, tchèques et polonais boudent le congé parental, et seul un congé rémunéré sur cinquante est pris par un homme. Les congés les plus généreux sont accordés au Japon et en Corée : « un congé rémunéré d’une année entière est exclusivement réservé aux pères, mais ils sont très peu à en profiter »

Start-up … Chasse - gardée des femmes ?

Le monde connait une évolution permanente et, cela dans divers secteurs comme celui de l’économie. Au fil du temps, les entreprises ont pris de l’ampleur ; certaines se sont d’ailleurs expatriées en prenant conscience que l’ère de la globalisation dans laquelle nous vivons, nécessite d’être mobile et de pouvoir s’adapter.
Évidemment, cela n’a pas manqué de chambouler le modèle classique, à savoir, celui de l’entreprise familiale, dirigée par le « bon père de famille », qui était tellement ancré dans nos traditions jusqu’à la Révolution industrielle au XIXème siècle. Depuis lors, nous connaissons une croissance sans fin des entreprises qui deviennent de plus en plus importantes et internationales. Depuis quelques années déjà, de nouveaux modèles d’entreprises ont fait leur entrée dans le monde économique et le nombre de ces « mini- entreprises » explose. Elles sont connues sous le nom de « start-up ».
Il s’agira, dans un premier temps, d’expliquer ce que sont les start-up afin de comprendre la place qu’elles occupent dans le modèle économique moderne tout en énumérant les plus connues à l’heure actuelle. Dans un second temps, nous allons comparer le nombre de start-up en France et en Belgique afin de tenter de nous situer face à ce nouveau phénomène qui attire les hommes, et peut-être bien plus encore, les femmes.
Tout d’abord, nous allons examiner ce qu’est une start-up et ensuite, en donner quelques exemples connus.  Une start-up c’est, selon le dictionnaire « Larousse », une « jeune entreprise innovante, dans le secteur des nouvelles technologies ». D’après Patrick Fridenson, historien des entreprises, être une start-up n’est pas une question d’âge, ni de taille, ni de secteur d’activité. Pour être qualifiée de « Start-up », une entreprise doit répondre à quatre conditions : il faut une forte croissance potentielle, utiliser une technologie nouvelle, avoir besoin d’un financement massif, et enfin être sur un marché nouveau dont le risque est difficile à évaluer. A priori, d’après les conditions énoncées, les start-up semblent proches de l’entreprise classique. Affirmer cela, serait un raccourci maladroit, car certes, il existe des similitudes entre les deux mais la différence se situe au niveau du mode de fonctionnement ainsi que du potentiel d’innovation dans le cas de la start-up. En effet, parmi les innovations apportées par les start-up, nous pouvons pointer du doigt l’esprit d’équipe et la créativité qui y sont fortement encouragés. Malgré la différence entre l’entreprise classique et la start-up, la cloison n’est pas étanche. On constate d’ailleurs qu’il peut arriver qu’une start-up change de statut pour devenir une entreprise. Cette évolution, se fait lorsque la société passe un cap. Ce cap est atteint lorsque que son modèle et sa stratégie sont complètement établis. Ainsi certaines start-up, pourtant énormes, peuvent conserver leur statut car leur stratégie et leur modèle économique ne sont pas encore tout à fait certains et établis. Parmi les start-ups les plus connues, il y a bien sûr les géants américains Uber, Snapchat ou encore Airbnb. Ces petites structures sont devenues grandes et ont désormais des valorisations qui dépassent, parfois largement, les dix milliards de dollars. Elles proposent presque toutes des modèles nouveaux, des façons de faire différentes avec comme objectif la simplicité et la rapidité. Malgré  leur existence récente (une dizaine d’années), les start-up connaissent une formidable croissance. Ces « mini-entreprises » comptent désormais des milliers d’employés.
étant donné qu’il ne s’agit pas de faire un exposé exhaustif sur les start-up dans le monde, nous nous limiterons à comparer la présence de celles-ci en France et en Belgique.
En France, la croissance du nombre de start-up a aussi été exponentielle ces dernières années. Les plus connues sont Vente-privée, BlaBlacar ou encore Criteo. Parmi les structures de plus petite taille, nous pouvons prendre l’exemple de Leetchi, qui est spécialisée dans l’économie collaborative dont notamment les cagnottes d’argent en ligne. Cette start-up, créée en 2009, est devenue le leader européen dans son domaine et ne compte à ce jour qu’une cinquantaine d’employés. Nous reviendrons sur cet exemple un peu plus tard.
Du côté de la Belgique, les start-ups ont souvent une taille encore assez modeste. Le marché belge étant assez restreint, elles doivent souvent s’exporter pour pouvoir se développer. Les principaux exemples sont Real Impact Analysis, une start-up spécialisée dans les « big data », SportyMe, un réseau social destiné au monde du sport. Ces sociétés ont presque toutes su garder ce qui faisait leur particularité de leurs débuts, c’est-à-dire une approche nouvelle, actuelle et innovante et cela avec des employés souvent jeunes. Comme dans toute entreprise, il faut forcément des gens qui travaillent et des chefs qui vont s’assurer du bon fonctionnement de celle-ci. Le modèle classique a traditionnellement et pendant longtemps  privilégié les hommes à la tête des entreprises. Ce modèle a connu une brèche très importante ces dernières décennies avec une émancipation de la femme désormais très grande. Si les femmes ont été longtemps écartées du monde financier, l’arrivée des start-up représente une aubaine pour elles. D’ailleurs, une des start-ups déjà citée ci-dessus, Leetchi, a été fondée par une femme et comporte une proportion importante de femmes dans tous ses départements. La petite start-up compte, en effet, plus d’un tiers de femmes et s’est fortement internationalisée au sein de son personnel. Pour en revenir à la Belgique, un chiffre interpellant, donné dans le cadre de l’European Startup Monitor, une étude européenne qui a examiné à la loupe des milliers de start-up du Vieux continent, vient confirmer le bilan mitigé de la Belgique sur le sujet de l’égalité entre les deux sexes. En effet, en Belgique, moins de 14% des créateurs de start-up sont des femmes. Ce chiffre est cependant proche de la moyenne européenne. Seuls des pays comme la Suède, la France ou le Royaume-Uni parviennent à dépasser les 20%. Si l’on compare avec le modèle traditionnel d’entreprise, les chiffres sont très proches. En Belgique, 17% des PDG sont des femmes et 23% des sièges au sein des Conseils d’administration sont occupés par des femmes.

En conclusion, nous sommes sur la bonne voie en ce qui concerne l’évolution du nombre de femmes organisant les activités des start-up. Ce nombre oscille entre 30 et 40% au sein de notre pays. Toutefois, même si les choses vont en s’améliorant, force est de constater que nous sommes tout de même encore relativement loin d’une véritable égalité entre les femmes et les hommes. Une fois de plus, le constat est sans appel : ce sont en premier lieu les mentalités qui doivent changer, la position de la femme dans la société, et ce dès le plus jeune âge, doit continuer à évoluer. Ce n’est qu’en considérant le genre féminin comme égal à l’homme que l’esprit d’entreprise s’insufflera naturellement chez la femme et que nous connaitrons enfin une envie entrepreneurial aussi élevée chez la femme que chez l’homme et ce pour le grand bien de notre société.

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